mercredi 23 septembre 2015





Voici le teaser d'un voyage où vous partez à l'autre bout du monde... ou presque!
Quelques images avant le récit du voyage...


                                                                                  Des hommes ...




                                                                                    Et des Animaux ...






5 mars- LYON-PARIS

Aller Lyon /Paris: 30 euros/p - 21h05/23h05

Hôtel de Blois: 60 euros (Ch double avec SDB)- 0145409948/5 rue des plantes/75014Paris www.hoteldeblois.com

Portefeuille pourvu de devises en dollars, téléphone et ordinateur remisés dans les tiroirs, vous partez pour trois semaines en Équateur !  Vive la vie ! Un petit message à vos clients et vos amis : « Nous serons absents durant 21 jours, injoignables ». 

- Deux vaccins dans chaque bras (fièvre jaune, hépatite A et B, typhoïde, DTP)? ✔
- Quelques cachets pour purifier l’eau ? ✔
- Crème solaire - répulsifs - antipaludéen - tenues légères et couvrantes ?✔
- Une cape de pluie - un vêtement chaud ✔
- Une carte routière- un guide - une lampe de poche - une go pro et un appareil photo ? ✔

                                                                 Vols (Aller/Retour)

Vous voilà fins prêts. De Quito, vous descendrez jusqu’à Guayaquil en passant par Cuenca. Vous rejoindrez ensuite les Galápagos pour terminer votre périple en Amazonie à Cuyabeno. L’Équateur compte quinze millions d’habitants, 24 provinces avec les Galápagos.

(Equateur/ continent : Itinéraire terrestre/ Vol aller/vol retour)

(Équateur/ îles Galapagos: Itinéraire maritime/ Vol aller/vol retour)

Sacs vissés sur le dos, vous quittez Lyon. Tramway, TGV direction Paris, et métro jusqu’à l’Hôtel de Blois choisi en raison de sa proximité avec l’arrêt Denfert-Rochereau où vous attendra l’Orly-bus le lendemain.  Il est minuit et, aïe, vous avez visiblement oublié d’emporter un réveil !

6 mars- PARIS-MADRID-QUITO

ORLYBUS: 7,5 euros/p-  5h51 (durée 30 min)
Vol Paris/Madrid/Quito: Iberia/ 350 € /p- 8h15-18h15
Taxi Aéroport de Quito/Secret Garden: 1h/ 26 $
Secret Garden Ch deux lits séparés, WC privés/ SDB commune


Cinq heures. Le réceptionniste, grande asperge brune au teint laiteux, vous appelle sur la ligne de votre chambre. Paris s’éveille ! Telles deux tortues-ninjas aux carapaces-sacs vous arpentez tant bien que mal les rues en direction de l’Orlyval. Enregistrement. File d’attente et contrôle. Un peu d'attente  encore, et vous vous engouffrez par un étroit couloir, glissant dans l’entonnoir parmi des centaines d’inconnus. Vol rapide. Holà Buenas ! Vous êtes déjà à Madrid. Aucune issue pour vous évader afin de vous administrer votre dose de nicotine. Vous embarquerez directement pour Quito sans respirer l’air de la capitale espagnole. Le vol Madrid/Quito vous semble un peu long sur le papier. De ce fait vous avez prévu des somnifères, des starters de sommeil plus exactement. Grossière erreur. Vous arrivez à Quito en pleurs, après avoir abreuvé votre conjoint de propos incohérents. Sur votre carnet de voyage, vous avez écrit deux pages dont vous ne gardez pourtant aucun souvenir, avec une écriture qui pourrait être celle de votre voisin. Les vacances commencent bien, vous posez le pied sur le sol équatorien avec la tête dans les vapes. Vous avez bel et bien perdu la boule pendant 6 heures et n’avez visiblement pas dormi. Quelques cigarettes plus tard, le taxi vous conduit au Secret Garden, auberge réservée avant le départ. Accueil sympathique, et bâtiment désuet mais présentant le bel avantage de posséder une terrasse au sommet, d’où vous profiterez d’une vue imprenable sur la ville en sirotant un petit rhum. L’imposante statue de la vierge domine les toits de tuiles. Couronnée d’étoiles et pourvue d’ailes d’aigle, elle surmonte un dragon enchainé sur  le globe terrestre. Quito est la plus haute capitale au monde après la Paz. 2850 mètres. Monter un escalier vous essouffle, il vous faudra une petite journée pour vous acclimater à l’altitude et au décalage horaire: 6 heures. Vous avez mérité une bonne nuit de sommeil.


7 mars- VISITE DE QUITO

Coup de ♥ : Agence IKT/ Agence d'Antoine et Lætitia
Facebook ici: https://www.facebook.com/ItkVoyage
itk voyage Agence basée à Quito, dirigée par Lætitia Camara et Antoine Grouazel, deux français expatriés; ils prendront plaisir à répondre à toutes les attentes des voyageurs en recherche de circuit (Équateur/Amazonie) Ils mêlent sur demande découverte du pays avec un brin d'aventure et contact avec les populations, le tout encadré par des guide et un chauffeur excellent. A recommander vivement autour de vous.




Petit déjeuner dans une échoppe : jus de mora (mûre), sandwich et café. Quito fourmille d’activité ce matin là. Assaillis par le bruit, vous trouvez refuge dans les petites rues piétonnes du centre historique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Plaza grande, les rayons du soleil percent les nuages, traversent les palmes et frappent les pierres des bâtiments coloniaux.  Ici, le soleil est au zénith très tôt, et il frappe fort. Ça et là, les autochtones palabrent assis sur les bancs au milieu des pigeons et des enfants qui courent.


Repas au Café del Fraile, touristique mais  situé dans un cadre agréable, en étage d’une cour ombragée. Toute cette activité vous a épuisé ! Vous partez à la chasse au réveil et optez pour une sieste à l’Auberge. La découverte de l’art local attendra.


Vous y voici ! Passage par la Cathédrale : vous voulez absolument voir l’étonnante cène dont vous avez eu vent sur les blogs. Moyen le plus efficace pour obtenir un asservissement des populations, l’art a été employé en Équateur à l’époque de la conquête pour convertir les locaux. Cependant, les peintres ont résisté en métissant les cultures, incorporant styles et concepts propres à la représentation iconique européenne. Ainsi, la cène représente le Christ attablé avec ses disciples, mangeant du cuy (cochon d’inde rôti) et des humitas, tout en buvant de la chicha. Ce lieu au décorum impressionnant renferme également une scène de la nativité montrant l’enfant jésus entouré d’un lama et d’un cheval, ainsi qu’une salle couverte de portraits, tableaux d’évêques réalisés par l’école de Quito, qui acquit sa renommée par la maîtrise du réalisme. Au cœur de l’édifice se trouve le tombeau du Mariscal Sucre (héros de la guerre d’indépendance).  L’après-midi vous irez en direction du nord-est visiter la Basilique del Voto Nacional. Perché sur une colline, l’édifice se caractérise lui aussi par la mixité des éléments qui le constituent, puisque se mêlent à l’architecture gothique traditionnelle, des gargouilles aux allures d’iguanes et de tortues. Vous avez, quant à vous, la vélocité de l’un et la réactivité de l’autre. Vous êtes toujours sujets au mal de l’altitude qui ralentit chacun de vos gestes et vos pieds pèsent des tonnes. Vous sirotez un thé de Coca avant d’attaquer l’ascension des tours, auxquelles vous accéderez par des planches en bois étroites placées dans les toits, et de petites échelles en métal vieilli à l’air libre. C’est haut! Et pas très sécurisé tout ça ! Mais la vue sur Quito est imprenable. Vous apercevez même votre auberge.



Vous partez ensuite en taxi pour la Plaza Foch, véritable poumon de la Mariscal. En comparaison avec la vieille ville paisible, ce quartier pourrait être assimilé à la ville nouvelle. Nocturne avant tout, il est l’endroit festif de la capitale. Autour de cette place principale, s’articulent des artères distribuant les flots de touristes vers des discothèques, des restaurants, et des cafés d’où émanent les cris des supporters attablés devant les rediffusions des matchs sur grands écrans.

Vous avez rendez vous avec Lætitia et Antoine, rencontrés sur internet. Vous leur avez demandé un circuit en Amazonie, et avez finalement opté pour un parcours en solo. Malgré tout, ils vous ont proposé de les rencontrer autour d'un café. Pas facile de les reconnaitre quand vous ne connaissez pas leur visage, et que vous n'avez aucun moyen de les joindre.Vous avez de la chance! Vous trouvez l’aiguille dans la botte de foin. Un couple de français, responsable d’une agence de voyage et installé à Quito depuis plusieurs années. Antoine est calme, avenant, généreux, blond au regard clair. Lætitia, métisse aux cheveux flous, a de grands yeux sombres qui pétillent. Elle est vive et rayonnante. Le contact passe très bien. Ils vous donnent une idée de périple, et partagent  amicalement leur connaissance du terrain.

C’est décidé, ils vous accueillent à votre retour des Galápagos! Vous vous couchez dans votre chambrette au secret Garden, bercés par un gros orage. Et oui ! C’est la saison des pluies. Et si il ne pleut pas constamment, les averses sont en revanche à prévoir presque tous les jours à cette période. A noter : vous n’avez toujours pas d’eau chaude pour vous doucher.





8 mars- COTOPAXI-LATACUNGA

Guide Cotopaxi: 30$ /p (entrée au parc national comprise)
Aller à Latacunga : 10$ /p
Restaurant: Repas + boisson 19$ /Calle quito et Padre Jean-Pascal Tovar Local #105-Facebook : ElGringo y LaGorda cafeteria

Hôtel Villa Tacunga: http://www.villadetacvnga.com





Après un petit déjeuner  copieux à l’auberge, carapaces à dos, vous prenez un taxi vers Quitumbe, le terminal sud. Aujourd’hui vous quittez Quito ! Direction le Cotopaxi : volcan le plus actif du pays culminant à 5897m. Soixante dix kilomètres plus tard, vous êtes littéralement éjectés du bus, au beau milieu de la circulation. 

L’entrée du parc est visible de l’autre côté de la quatre voies, dont les hauts rebords vous questionnent… Une camionnette et son guide apparaissent comme par enchantement en haut d’une butte de terre, juste derrière vous. Royal ! Merci. L’homme, petit et râble, roule paisiblement sous la pluie qui frappe le sol et les vitres. Vous entrez dans la réserve du Cotopaxi. La route partage deux types de forêts : l'une naturelle et l'autre crée par l’homme. Au pied du volcan, la végétation se raréfie, le paysage se fait plus sec, moins dense. La faune se constitue ce jour là principalement d’oiseaux et de lapins, bien qu’elle soit plus diversifiée (pumas, ours, cerfs, renards, belettes etc…). Vous mâchez des feuilles de coca dans un paysage bleuté, vert et gris, vert de gris.  Munis de barres de chocolat, d’eau et de fruits, vous partez en direction du sommet sous une cape de nuages menaçants. Pas de panique vous êtes en 4x4 ! Votre guide, à chaque arrêt, prie la Pincha-mama, volcan-mère, pour qu’elle se découvre. Et ça marche! Elle se dresse dans un paysage de páramo, où fleurissent mousses, lichens et autres lycopodes. Le parc national est superbe. Mais…. Que se passe-t-il? Vous vous arrêtez au pied du volcan, comme toutes les autres voitures !? Le guide vous indique qu’il faut vous chausser et vous vêtir. Ah, mais non, il faut marcher sous la pluie là ?!!! Votre conjoint arbore avec classe un chino, des petites baskets de ville, et un foulard en soie masqué en partie par un léger vêtement imperméable pourvu d’une étrange capuche. Vous prévoyez plus large: bonnet, lunettes de soleil et veste de pluie, chaussures de marche. C’est parti! Vous traversez pendant plusieurs heures un paysage quasi lunaire, superbe, fait de terre sombre, de pierres de lave noires et rouges, dans une brume dense. Le guide se contente de vous amener jusqu’au gîte. 4800 mètres. Ah quand même ! Déjà une belle balade rafraichissante. Chaque arrêt est fait pour respirer un peu et manger les vivres achetées à l’entrée du parc national. Excepté un seul arrêt - effectué contre la volonté de votre guide - où vous devez l’informer que OUI ! Vous allez bel bien vous soulager sur la Pincha mama sacrée- et tous les deux ! Deux heures plus tard, vous dévalez le volcan, enfin vous marchez normalement, mais en regard de l’allure de l’ascension vous avez des ailes. Le pied du relief, contrairement au sommet, n’est pas dans le brouillard. Vous avancez ensuite en 4x4 jusqu’à une petite lagune : Limpiopunga. Chevaux sauvages et oiseaux s’ébattent dans la flore. Au revoir Pincha-mama, mère au visage couvert de neiges éternelles. Vous n’aurez pas vu le cratère, trop de brume. Mais vous aurez retenu que chaque randonnée nécessite des tenues adaptées. Vous êtes très mouillés mais contents.

Vous rejoignez ensuite la ville de Latacunga avec votre guide, et sa femme récupérée sur un bord de route. Vous négociez âprement le prix de la nuit à l’hôtel Villa Tacunga , vide à cette saison. Le luxe au prix de l’auberge. Des chambres spacieuses organisées autour d’un patio central. Vous partez vous promener dans les rues de Latacunga, à la recherche d’un adaptateur pour votre matériel photo (coût sur place 35 cts de dollars). Vous tombez par hasard sur un super petit restaurant El gringo y la Gorda célébrant la journée de la femme, aux tables décorées de confettis et ornées de bougies. En terrasse, vous mangerez un plateau de délicieux fromages et de charcuterie accompagné de fruits et de miel d’eucalyptus (local) à tomber par terre. Enchantés que vous êtes par cette belle journée, vous rentrez à l’hôtel pour y pratiquer l’une de vos activités favorites : dormir. Surprise ultime ! Le maître des lieux vous attend et vous propose une visite privée : terrasse sur le toit, salle de restaurant immense classée au patrimoine culturel, cuisine équipée d’un four à bois, chambre équipée d’un sommeil de plomb.


9 mars- LATACUNGA-QUILOTOA

Hosteria Alpaca Quilotoa : chambre double + repas + PDJ : 25$ /p www.alpacaquilotoa.com

Motivés, vous vous levez à 6h du matin pour profiter du lever du soleil depuis la terrasse. Échec cuisant: le ciel est couvert de nuages ! Une occasion de partir à la découverte des charmantes places de la ville, où vous verrez votre premier oiseau mouche. Latacunga signifierait « ville plate ». Capitale de la province de Cotopaxi, cette petite ville tranquille se transforme en novembre, lors de la célébration de la mama negra, fête populaire organisée afin de protéger la ville des irruptions du volcan. Défilés folkloriques, parades et musiques rythment alors la vie locale attirant des milliers de visiteurs.


Un dollar plus loin, vous atteignez le terminal des bus direction Pujili. Le marché indigène au cœur de la vallée des volcans est superbe. Les étals de fruits tropicaux côtoient les couleurs chatoyantes des habits traditionnels quechuas. Ponchos et panamas se frayent un passage au beau milieu d’une abondance de légumes, de miel, de viandes, de poissons, et autres denrées qui font ici le ravissement des yeux. Vous et vos gros sacs êtes vite repérés, et l’on vous demandera de payer pour photographier. Ici on travaille en famille, et les enfants sont assis au milieu des feuilles, avec les femmes aux tresses reposant sur les épaules. Pendant ce temps, d’autres familles partagent des almuerzos (plat typique du déjeuner équatorien) dans des échoppes alentours, abrités des caprices du ciel.


Vous partez ensuite en bus pour Quilotoa, volcan situé au sud de la cordillère occidentale, et ayant donné son nom au village qui le jouxte.Vous passerez deux heures à traverser des paysages superbes aperçus entre les gouttes de pluie, sur une route très escarpée, avec un chauffeur de formule 1, expert tant en conduite d’altitude qu’en vitesse déraisonnée. Chaque ascension, et chaque descente, s’accompagne de virages pris avec élan, dans un vacarme de métal et de plastique maltraités. Plus tard, vous apprendrez qu’ici le permis de conduire s’achète, et que les bus appartiennent pour une grande majorité au chauffeur, tout comme les taxis chez nous. Il est donc assez subtil de regarder en amont par exemple si votre bus est pourvu de toilettes pour les grands voyages, et si il n’est pas piloté par un jeune homme de dix huit ans à peine. Un arrêt est effectué. Votre niveau d’espagnol vous fait entendre que le bus a roulé une heure et demi avec un pneu à plat ou presque. Il fait escale pour le remplacer, et régler les freins. Vous passez enfin le panneau indicatif de la ville de destination. A 200 mètres, se trouve l’ Hosteria Alpaca Quilotoa. Très facile à trouver puisqu’elle héberge un alpaga (alpaca en espagnol) attaché à une corde, représenté quasi à l’identique sur une fresque à l’entrée de la propriété. Youpi vous savez maintenant à quoi ressemble un alpaga en vrai ! Cette adresse est tenue par des quechuas, parlant peu l’espagnol continental. Des chambres chauffées au poêle se répartissent autour d’une salle à manger centrale. Père, mère, enfants et petits enfants vivent sous ce même toit. Vous déposez bagages et partez en quête du volcan.



Au sommet, vous apercevez le Cotopaxi. Le cratère aux flancs abrupts constitué de roches sombres abrite une splendide lagune aux eaux bleu turquoise ou vert lagon, selon le passage des nuages ballotés par le vent. Familles autochtones et touristes se partagent le petit chemin de randonnée caillouteux qui mène au cratère, sur quelques deux kilomètres (aller-retour 1h30-2h). Il est possible également de faire le tour du cratère par un sentier qui surplombe la lagune pour pouvoir l’admirer de différents points de vue (4-5h) ou  de rejoindre Chugchillan depuis Quilotoa (environ 6h). La randonnée peut se faire à cheval ou à pieds. Vous optez pour la seconde solution. Préjudice grave, votre conjoint s’empare d’une crotte de cheval et vous la jette dessus. Vous ruminez votre vengeance, essoufflée par l’altitude, en attaquant la remontée du sentier.


Vous profitez d’un almuerzo mérité dans un petit restaurant. L’artisanat fait ici partie intégrante de la vie du village. Source de revenu, il génère un attrait touristique important: sculptures, peintures et autres vêtements faits main sont vendus un peu partout dans les maisons et les échoppes. Le soir, vous assistez à la réunion de la famille quechua, peu loquace. L’enfant rôde autour du poêle, la femme épouille son mari endormi, tandis que le jeune couple s’enlace tendrement installé sur le canapé. Le repas se fera en présence d’un étrange voyageur venu des États-Unis. La nuit sera froide malgré la chaleur du poële.


10 mars- QUILOTOA-RIOBAMBA

Hostal Oasis 13$/p http://oasishostelriobamba.com
Pizzeria Di Baggio Miguel A Leon y 10 de Agosto, Riobamba, Équateur






Petit déjeuner international également. Votre premier jour très ensoleillé en Équateur et donc à l’évidence vos premiers coups de soleil. Nez rouge et front luisant retournent donc au cratère pour une randonnée animalière: et oui, vous voulez ENCORE voir les lamas, les alpagas et les oiseaux du coin. Magnifique instant contrastant avec l’horreur de ce qui va suivre: le retour en bus. Cette fois le chauffeur ne se contente pas d’une folie singulière, il s’applique à faire la course, dans un élan d’inconscience collective, avec le bus de la compagnie concurrente. Au programme: on passe les virages, pédale d’accélérateur enfoncée à bloc, sans visibilité. On ne s’arrête surtout pas pour prendre les passagers qui attendent sur le bord de la route, on les rase de près (on gagne ainsi du temps sur le participant qui reste à la traine). On rigole bien fort dans la cabine. Le tout avec des familles et des enfants en bas âge à bord, et à 4000 mètres d’altitude, et tout cela semble normal. Là c’est clair: vous allez mourir. Vous avez même envie de crier ou de pleurer comme un gamin dans un manège à sensation. Vous tentez de vous distraire sur la route en observant quelques failles. Tiens, le Chimborazo! Maman, je vais mourir! Tiens, un lama! J’ai une de ces envies de vomir! Ah voilà merci, avec la musique à fond et un bon gros film naze c’est mieux. Enfin, sains et saufs, vous arrivez à Riobamba. La première tentative de logement est un échec, l’ Hostal Bambu, de standing, possède ce jour-là à peu près autant d’âme qu’un bloc de béton au milieu d’un terre plein de goudron. Deuxième taxi donc, armés du Lonely Planet. Le chauffeur a oublié ses lunettes, vous lui indiquez la route à suivre. Dès votre arrivée, l'Hostal Oasis vous charme. Un hall minuscule, une petite banquette hors d’âge où repose un chat, une petite fille qui joue avec un chien, un jardinet en fleurs. Entre maison de poupée et brocante champêtre, le lieu est charmant. Le jeune homme et la jeune femme qui vous accueillent on exactement la même voix, douce et nasillarde à la fois . Ils vous font savoir que le propriétaire arrive dans quelques minutes. L’auberge propose une cuisine collective et des chambres individuelles. Vous décidez de rester deux jours dans ce petit paradis. Le restaurant typique dans lequel vous voulez manger est fermé, vous atterrissez dans une pizzeria, mangez comme quatre, rentrez en roulant et vous couchez sans autre forme de procès. Pris d’une soif intarissable, vous bondissez sur le robinet mais l’eau n’est pas potable. Il vous faudra vous armer de patience et attendre deux heures que le Micropur jeté dans votre bouteille d’eau fasse effet. Vous vous promettez d’être plus prévoyants désormais. A noter, un bruit strident régulier vous gâche un peu la fête. Biiip. Biiiiip. Biiiiip.



11 mars- LAGUNA DE COLTA-GUAMOTE-RIOBAMBA


Coiffeuse: Riobamba calle 10 de Agosto entre Pichincha y Garcia Moreno- Peluqueria Inca Maria
Restaurante El Delirio- 1ra constituyente- 28-16 y rocafuerte/ 032966441


Vous aviez fait les courses: pains au chocolat, café et jus de fruit trônent sur la table en extérieur. Après un bon repas, vous prenez la route pour la lagune de Colta. Taxi. Terminal. Et bien obligés: Bus! Contre toute attente, le voyage se passe à merveille. Vous êtes devant, avec accord du chauffeur, sur la place réservée au copilote. Il n’y a pas de vide, pas de chauffard. La conduite des bus se fait en duo: l’un pilote tandis que l’autre descend pour héler la ville de destination à chaque arrêt, et encaisser les trajets. Vous observez tout: le volant en moumoute, les bondieuseries partout, le visage du copilote qui se reflète dans les rétroviseurs et les vitres.





“Laguna de Colta” “Laguna de Colta” “Laguna de Colta” A l’évidence, vous êtes arrivés. Ici les gens sont très différents du marché de Pujili. Moins de tourisme implique aussi moins de sollicitation. Vous n’êtes ni plus ni moins qu’une curiosité. En revoyant les photos vous avez l’air, du haut de votre mètre soixante dix et vos quarante sept kilos, d’un Goliath! Les gens viennent pour se faire photographier avec votre conjoint, et vous vous retrouvez à bêcher la terre (très maladroitement) Imaginez un géant avec la force d’un nourrisson. Les rires vont bon train! Un soleil de plomb, le Chimborazo la tête dans les nuages, une pelouse d’un vert saturé, un seul ponton en bois, des bateaux à l’arrêt, des canards sauvages, et les foulards des indigènes qui ponctuent le paysage de dégradés de rose et de jaune. Le site en construction se prépare à l’avenir à accueillir des touristes. Ça et là, on replante des arbres, on crée un parking, on aménage des toilettes.


Nous décidons de reprendre la route vers Guamote. Perché sur une colline, ce petit village désuet aux façades en technicolor ressemble à certaines villes de Cuba. Une voie ferrée qui parait inusitée, des gens simples et accueillants. Vous mangerez du cochon grillé épluché à la main, sur le marché local; et des pommes de terre mal cuites balancées dans un sac en plastique. Vous traversez le village: une église, un enfant qui joue avec l’eau de la fontaine, une petite expo à l’office du tourisme. On y raconte la légende des villageois courageux, ayant poignardé le diable, déguisé en médecin qui prétendait vouloir soigner la population. Déjà, votre ventre vous fait savoir que le petit cochon du marché n’était pas forcément une idée lumineuse. Le bus du retour pour Riobamba est conforme à la règle: conduite brutale et volume sonore hors du commun.


A l’Hostal Oasis, sur le carnet de comptes, la petite fille a collé des gommettes sur les lignes de calcul. Lessive nécessaire et farniente volontaire. Votre conjoint décide d’aller chez le coiffeur local. Nous atterrissons chez Maria, bric-à-brac de jouets et d’accessoires improbables où trônent d’anciens fauteuils de barbier. Maria est toute petite, hors d’âge à l’image de sa boutique. Souriante, à bouts de bras, elle taille, brosse, coupe d’une main assurée. Un peu trop peut être? Aïe!!! Ah non, elle s’arrête à temps! Votre conjoint a une coupe des années cinquante, nuque remontée sous les oreilles. Et hop, une couche de brillantine! Et hop, la raie sur le côté! Et pchit pchit pchit pchit! De la lavande plein le cou et les cheveux. Ouh qu’il est beau! Non mais en fait, oui, vous vous y faites. La coupe équatorienne lui va à ravir. Vous prendrez le repas dans le patio du Café El Delirio, le fameux restaurant typique (et charmant) que vous vouliez tenter la veille. Très belle soirée!



12 mars- ALAUSI-SIBAMBE(NARIZ DEL DIABLO)-CUENCA

Excursion Nariz del Diablo : 25$ /p- A/R Alausi-sibambe + collation sur place (2h30 avec une heure d’arrêt à Sibambe)
Hotel Macondo : 60$ /chbre double
Posada del Rio : 15$ / chambre double, lits jumeaux- salle à manger et cuisine commune
Restaurant Las Monjas : Borero 6-41 y Juan Jaramillo 098214096-lasmonjas_restaurante@hotmail.com



Vous quittez l’Hostal Oasis avec un petit pincement au cœur, et avec … les clefs de la chambre (oups). Deux heures de bus plus loin, vous atteignez Alausi, point de départ de la célèbre voie ferrée appelée « Nariz del diablo ». En bordure des gorges du Rio Chanchàn, ce village se résume à quelques habitations pittoresques, des petites rues pavées, des façades délavées; le tout dominé par une statue de Saint-Pierre pour le moins imposante. C’est parti ! Vous achetez les billets juste à temps pour sauter dans le train de onze heures, carapaces à dos, toujours ! Vous ne pourrez pas voyager sur le toit du train comme autrefois, pour des raisons de sécurité. Là, une guide polyglotte blasée blablate en regardant par la fenêtre, des touristes prennent des photos compulsives, et vous effectuez un arrêt pour voir la fameuse Narine du diable (il faut bien regarder pour imaginer la chose, mais vous y arriverez peut-être) Et le pire est à venir: Sibambe. Un micro-Eurodisney du folklore équatorien. All inclusive pour le touriste ! Le pathos incarné: des indigènes qui vous accueillent en dansant sur le quai de gare (répétant cela à chaque arrivée et chaque nouveau départ pour des centaines de gens agitant la main par les vitres du train) ; un micro marché artisanal que l’on remballe une fois le départ de la locomotive lancé (bah oui c’est plus joli quand on danse et que l’on a rien derrière) ; un pauvre lama accroché à une laisse avec une selle et son nom dessus, tenu par un type que l’on doit payer pour prendre une photo ; et pour couronner le tout : on vous sert des spécialités ancestrales (tamales et humitas) dans une cafette de gare. Ah, vous alliez presque oublier le petit musée ethnographique en haut de la colline. Mouais, vous l’aurez compris c’est un peu la fête à neuneu. Mais cela vaut le détour. Si si ! Pourquoi ? Pour le paysage en contrebas du chemin de fer, et la prouesse technologique accomplie lors de sa construction.









Par le passé, cette voie ferrée essentielle à la dynamique économique, reliait Quito à Guayaquil en une douzaine d’heures. La partie la plus difficile à construire étant justement le tronçon Alausi-Sibambe. Les ingénieurs entreprirent alors de creuser à flanc de montagne ces ingénieux zig-zag que le train emprunte pour gravir la Nariz del Diablo et en redescendre ensuite. Le nez du diable est une montagne abrupte et achever cette voie relevait du défi. Le train avance puis repart en sens opposé, et ce sur douze kilomètres. A noter, le tronçon du nez du diable n'a pu être réalisé qu'à grand renfort de dynamite, faisant des milliers de victimes parmi les ouvriers de l'époque, ce qui donna à cette montagne le nom de "nariz del diablo" ! Petite promenade dans Alausi, bien plus chouette que sa voisine en carton pâte.





Vous rejoignez ensuite la Panamericana (système de voies rapides qui relient l’ensemble les Amériques, l’équivalent notre autoroute). Là, à nouveau, vous êtes otages d’un chauffeur de bus durant quatre heures. Horrible ! Vous arrivez en vie à Cuenca. L’Hotel Macondo, de style colonial, est trop cher. Vous reprenez la route direction la Posada del Rio, charmante auberge tenue par deux sœurs, et partez arpenter la ville. Ici, les joggers s’entrainent à gravir et descendre les marches au bord du fleuve en courant. Vous mangerez de délicieux plats typiques dans un restaurant gastronomique « Las Monjas » apparemment ouvert uniquement pour vous. Et en prime vous repartirez avec une rose superbe.


13 mars- CUENCA



Panama fino : 40$ (Casa del sombrero Alberto Pulla/ Tarqui 6-91)
Panama acheté au musée du sombrero de Paja Toquilla (autre nom du panama) : 20$  panamahat@etapanet.net/barrancospanamahat.com/ Calle larga 10-41 entre Padre Aguirre y general torres Cuenca- museo del sombrero paja toquilla (L-V 9h18h/sa 9h30-17h/dim 9h30-13h30)
La compania microcerveceria Antonio Borrero 4-58/ 4-62 y Honorato Vasquez
Restaurante Guapondelig Luis Corero 9-14 y simon Bolivar (café et sandwichs)


Après un petit déjeuner à l’auberge, vous décidez de visiter Cuenca. Passage à l’office du tourisme, située juste en face de la cathédrale de l’immaculée conception, imposante ! Cette ville coloniale est réputée pour son climat agréable et sa douceur de vivre. Seconde en terme de population après la capitale, elle regorge d’artisanat, d’églises, de musées et de lieux où faire la fête. C’est ici que l’on fabrique de façon ancestrale le célèbre panama.Vous tombez par hasard sur la Casa de Palomas, grande absente des guides touristiques, et vous demandez bien pourquoi ? L’une des plus belles expériences que vous ferez en Équateur ! Siège de l’institut national du patrimoine culturel, cette demeure a vu se succéder de nombreux propriétaires fortunés. Les murs sont entièrement recouverts de scènes de vie paysanne naïves, de femmes autour desquelles volent des colombes, le tout largement inspiré du romantisme européen.


La contribution la plus importante de l’Équateur à l’Histoire de l’art est sans conteste celle de l’école de Quito. La conquête espagnole, point de départ de la destruction de la structure territoriale indigène, arrive et impose un style nouveau : le type colonial, marquant l’extinction de l’école de Quito et également l’apparition des haciendas. Au XIXe, lui succède le style républicain, d’avantage marqué par des portraits de héros de la révolution, des représentations de personnalités de l’époque et des paysages colorés, caractérisant la période contemporaine que l’on connaît depuis. La défense de la culture et des libertés démocratiques, alors menacée en France par le fascisme et en Équateur par la dictature, vont pousser les intellectuels, portes-parole du prolétariat, dans une lutte commune traduite dans l’art, la littérature et la défense du patrimoine. La deuxième Constitution équatorienne, proclamée en août 1835, s’inspire donc du modèle français, républicain, unitaire et centralisé. On assiste alors à un rejet de l’influence espagnole et un attrait pour le romantisme européen. Ce qui prend corps sous vos yeux dans cette maison produisant ce curieux métissage d’influences architecturales et picturales. Cathédrales, églises et autre marché aux fleurs vous ravissent également.


Autre détour superbe : LA boutique de panamas, ou plutôt, devrait-on dire, de Montecristis, car ils portent par erreur le nom d’un autre pays. Ces fameux couvre-chefs ne viennent  pas du tout du Panama, la confusion remonte à l’époque de la construction du Canal (du Panama) pendant laquelle la grande mode chez les ouvriers était de porter un Montecristi pour se protéger du soleil ! Leur fabrication nécessite un long travail. L’échoppe d’Alberto, le plus célèbre chapelier de Cuenca, décédé en 2013, fait pleuvoir des nuages de panamas sur les têtes des touristes. Expérience et savoir faire font se côtoyer mètres de couturier, affiches hors d’âge et articles de journaux internationaux. A la lumière du soleil, filtrée par la rue voisine, fils et petit fils réparent les couvre-chefs, et créent des merveilles, suspendues au plafond de leur boutique comme des mobiles d’enfant.


Si vous avez un trop petit tour de tête, vous trouverez votre bonheur à côté, au musée du sombrero, moins typique certes, mais où la famille Paredes officie depuis soixante ans. Vous optez ensuite pour une visite du centre d’art contemporain, fermé pour la bonne cause ! En effet, se prépare actuellement la biennale d’art contemporain de Cuenca qui aura lieu du 28 mars au 27 juin.  Après vous être enfilé quelques nachos et des bonnes sauces à la Compania, brasserie et bar à cocktails, vous terminez la soirée dans un petit bar juste en dessous de la posada. Vous y restez jusqu’au petit jour, et rentrez avec les oiseaux, gavés de mojitos, pour retrouver votre arbre à sous vêtements : la chambre de la posada qui s’est transformée en étendage, faute de laverie.


14 mars: CUENCA-GUAYAQUIL


Bus: 5 heures de trajet- 8$
Galapagos:
http://auboodhoomonde.com/galapagos-pas-cher-cest-possible/#sthash.HSzAxO4g.dpufblog découvert au retour mais très intéressant pour ceux qui souhaitent visiter les Galapagos avec un budget restreint, merci à ses auteurs!



Direction le terminal des bus pour Guayaquil, étape avant votre envol pour les Galapagos. Comme auparavant, vous attendez le bus. Devant vous, en réalité, il commence à y avoir pas mal de monde. Le chauffeur arrive enfin pour investir son véhicule vide, une demi heure après votre arrivée. Vous montez dans le suicide-car. Et là, horreur ! Vous vous rendez compte que tous les passagers ont un ticket. Étrange, on vous a pourtant laissé passer au contrôle. Les carapaces à dos sont dans les soutes. Vous optez alors pour la solution du coucou. Un nid vide : vous vous jetez dedans ! Mais systématiquement, le propriétaire du nid arrive. Vous refusez de passer cinq heures debout. Vous entamez alors le chemin vers la sortie du bus. Ce à quoi le chauffeur s’oppose, en vous disant qu’il reste de la place, et démarre. Il vous colle sur le siège passager avant, et place tout bonnement votre conjoint dans le coffre. En réalité, l’espace situé au dessus des gaz d’échappement et dans lequel on range normalement l’oreiller et le bagage du co-pilote. La tension monte un peu en vous. A l’arrêt suivant, vous vous trouvez délogée par un passager muni d’un ticket et donc envoyée vous aussi dans le range sac. L’espace est trop petit pour s’asseoir et enfoncé, tel un foyer de cheminée, mais trop peu large pour vous coucher. En gros vous êtes un braque dans une niche à chihuahua. Quand le type arrive une heure et demi après pour vous faire payer, de surcroit le prix fort, sous les rires des locaux que l’on comprend aisément (qui oserait traiter des touristes de la sorte ?) vous l’envoyez promener en parlant fort et dans un espagnol correct et déterminé. Là aussi, les locaux se marrent. Vous réitérez, menaçants, votre demande expresse de descendre au prochain arrêt. Vont-ils garder les sacs ? Vont-il régler cela calmement ? Des passagers prennent tout de même votre défense. Vous serez à l’unanimité éjectés du bus au poste frontière du Parc National de Cajas, … avec vos sacs ! Personne excepté deux gardes, qui viennent d’avoir la version du chauffeur : vous n’aviez pas assez d’argent pour payer. Vous prouvez alors le contraire, et ces messieurs, courtois mais pas pressés, vous trouvent un autre bus de passage. Youpi ! Vous êtes dans un nouveau bus, juste en dessous des écrans télés et des enceintes. Vous passerez les trois heures et demi de route restantes à vous partager une seule paire de boules Quiès, afin d’éviter une surdité subite. Vous posez bagages à l’Hostal Suites Madrid, où le type est à peu près aussi aimable qu’une porte de prison. Vous détestez cette ville sans charme, avec un malecon bruyant, bondé de snacks où de pauvres iguanes se partagent le seul arbre qui reste encore les pieds dans l’eau. Il fait chaud et la pollution est à son comble. Que dire de votre découverte de Guayaquil à part : TUT TUUUUUT POUEEEET POUEEET TUUUUUUUT. Vous vous endormez en pensant que demain, vous serez aux GA-LAA-PAA-GOOOOS ! Youpi !


Petite révision pour vous mettre l’eau à la bouche :

Les Galapagos ! Un nom qui fait rêver, un peu comme un trésor, un bout du monde empli d’animaux sauvages endémiques vivant en parfaite cohabitation avec l’humain. Des îles perdues au milieu du Pacifique à 1000 km de l’Équateur, des eaux turquoises, des plages de sable fin, du soleil, des volcans en activité, des spots de plongée et de randonnée.  Pour vous c’est la perspective de voir une tortue de mer, de plonger avec des requins, de vivre au rythme de la nature dans un paradis que vous n’avez jamais vu qu’en photo ; oui mais voilà : cher et inaccessible en solitaire, apparemment. Vous avez visité des forums et vous tentez l’expérience que certains ont visiblement réussie. Il est possible de visiter les Galapagos à budget raisonnable sans passer par des agences ni des croisières hors de prix. Petit aperçu de la faune que vous pourrez voir dans l’archipel : colonies d’oiseaux tels cormorans, pélicans, fous à pattes bleues, frégates ; iguanes terrestres et marins; requins à pointe blanche, requins marteau ; tortues de mer, tortues terrestres géantes ; poissons tropicaux, dauphins, baleines ; raies manta, raies léopard ; lions de mer, pingouins, otaries, et autres crabes rouges; la faune marine étant pour la grande majorité accessible en snorkelling ! L’archipel comporte treize îles principales et d´innombrables petites iles et ilots. Cinq seulement sont habitées : Santa Cruz (située au centre, où la moitié de la population de l’archipel vit à Puerto Ayora), San Cristobal (à l’Est), Floreana (au Sud), Isabela (à l’Ouest, la plus grande qui représente la moitié de la surface terrestre de l’archipel) et Baltra (au Nord). Les Galapagos ce sont 7880 km2 de terre (soit un territoire cumulé plus petit que la Corse) étendu sur 55 000 km2 d’océan ; deux aéroports : l’un à Isla Baltra (au nord de Santa Cruz) et l’autre à Puerto Baquerizo Moreno (au sud de San Cristobal). Il n’y a de DAB que sur Santa Cruz et San Cristobal. La quasi totalité du territoire étant classé parc national et réserve marine. Vous voilà prêts à décoller !



15 mars : GUAYAQUIL-SAN CRISTOBAL(GALAPAGOS)

Taxe de transit : 10$ (équivalent d’un visa qui stipule que vous ne travaillerez pas sur le territoire et pourrez y séjourner 90 jours maximum)
Vol Lan Ecuador (9h45-10h40)/ décalage horaire : - 1heure
Droit d’entrée sur le territoire : 100$ ( correspond à l’entrée en parc national/ contribution à la conservation et mise en valeur du patrimoine)
*Pour la maison de Clara : Demandez la casa naranja, barrio divino nino, al lado del nuevo hospital, casa de Jessica Teran, les gens la connaissent mais la maison ne possède pas d’adresse. (10$ /p/nuit- PDJ : 5$) Attention ces prix sont à titre indicatifs et auront peut être évolué (le service le justifie) Jessica Teran : 0986041460 molduc1@hotmail.com- Cristopher Teran : picacho-7@hotamial.com









Après avoir flâné devant l’aquarium à ciel ouvert de l’aéroport vous réalisez que peut être les formalités administratives vont demander du temps. C’est parti ! Une demi heure de file d’attente pour payer les 10$ de taxe de transit, nouvelle file d’attente pour le contrôle et l’embarquement. Deux heures plus tard les roues de l’avion touchent le sol de San Cristobal. Vous êtes à Puerto Baquerizo Moreno. Nouvelle file d’attente et là vous vous délestez cette fois des 100$ d’entrée sur le territoire.




Enfin ! Vous êtes dehors. Une femme d’âge mur est là, seule, sur un banc. Elle attend sous la chaleur. Vous avez avec vous les boissons délivrées dans l’avion. Vous partagez un peu de fraicheur avec elle. Clara, souriante, attend sa fille Jessica qui souhaite se destiner à l’accueil de touristes. Clara a élevé une seule fille, vous dit-elle, pour s’en occuper correctement avec ce dont elle dispose. Jessica a, quant à elle, élevé un fils unique, Cristofer, pour les mêmes raisons. Cristofer n’a guère plus d’une dizaine d’années mais vous allez vite vous rendre compte qu’il connaît l’île comme sa poche, avec l’intérêt d’un vrai guide touristique : lecture de documents sur la faune et la flore, connaissances géographiques et culturelles. Il est assez épatant ce môme. Vous partez avec Jessica, Clara et Cristofer, … et beaucoup d’autres gens dans le 4x4 de Mario, Taxi local. Arrivés chez elles vous tombez sous le charme : quelle gentillesse, quel accueil ! Le meilleur que vous ayez reçu jusqu’ici, avec votre rencontre de Quito (Lætitia et Antoine). La casa naranja est située en surplomb de la mer, dans le quartier du nouvel hôpital, barrio divino nino, minuscule bout de terre où sont accrochées quelques maisons. Et effectivement on y vient à pieds, ceux qui vivent là ont jeté la clef . Et pour cause : zéro cas de vol enregistré à San Cristobal. Vous pouvez laisser vos affaires sur la plage, partir en snorkelling à la découverte de la faune, et revenir en retrouvant porte feuille et vêtements sans aucun stress. Testé et approuvé par la suite. Vous arrivez donc dans une maison qui accueille pour la première fois des touristes, avec une attention digne d’un trois étoiles. Chambre double spacieuse avec cuisine séparée, jardinet, douche (avec eau chaude svp) et WC privatifs. Vous posez bagages. Dix minutes après vous avez dévalé la petite colline et vous trouvez sur le front de mer. Trente degrés et dépaysement total. Là, à vos pieds, partout, dans la rue, sous les bancs, et sur les bancs, sur le sable et sur les trottoirs, dans l’eau du petit port : des lions de mer ! L’homme cherche à lui barrer la route : des palettes bloquent l’accès aux infrastructures, pourtant le lion de mer ne l’entend pas ainsi, il écrase, pousse, tire, et passe ! Il investit même les jeux pour enfants en bord de plage, et le toboggan, ils adorent ! Attention toutefois, ils sont agressifs sur terre car peu à l’aise dans leurs déplacements. Vous vous penchez sur le front de mer, derrière des lions, et là juste devant, vous voyez jouer deux raies léopard, tandis qu’un pélican est posé au dessus de votre tête, et que des iguanes vous passent devant les pieds. Mais où est passé votre conjoint ? Il est déjà dans l’eau, go pro en main, à s’amuser à la captation des nages de ces étranges mammifères marins, si lourds sur terre et si à l’aise dans l’eau. Il jouent, se propulsent en dehors de l’eau, nagent sur le dos, apparaissent et ressurgissent à ses pieds. Instants de pur bonheur ! Vous partez sur le malecon en quête des tarifs d’excursion. Mission : faire du snorkelling et réserver une plongée. Vous déjeunez dans un bouiboui et remontez à la casa. Clara et Cristofer sont là. Ils vous proposent de vous accompagner à la plage : Playa mann, à une vingtaine de minutes à pieds. Étendue habillée sur une serviette, Clara a trouvé un coin d’ombre d’où elle peut surveiller son petit fils. La plage est bondée de monde, le soleil agressif et les taons plutôt déterminés. De votre côté vous partez en snorkelling en couple. Et là, vous voyez VOTRE première tortue. Évidemment elle est belle et ÉNORME, et vous la touchez (c’est interdit). Vous avez même du mal à la lâcher. « Mais non, ne pars pas ! ». Ouah ! Vous avez vu VOTRE tortue de mer. Un rêve. Quelques poissons bleus et jaunes et vous cédez votre masque à Cristofer. Mission snorkelling accomplie ! Clara doit s’ennuyer. Vous décidez de partir. Petite balade culturelle récréative au centre d’information, un air de promenade familiale du dimanche avec vos hôtes. Passage à la casa. Douche fissa. Vous redescendez sur le malecon pour y réserver une plongée. Vous trouvez votre bonheur à Las Mantas, où le type a l’air plutôt détendu et accueillant. Vous partirez le lendemain à Kicker rock, spot reconnu, pour une excursion double plongée + repas à bord. Vous remontez dans votre tour orange après un petit resto en bord de mer, des images plein la tête et les cartes mémoire.




16 mars- SAN CRISTOBAL (PLONGEE A KICKER ROCK)

Petit déjeuner : 5$
Excursion double plongée à kicker Rock- Las mantas : 150 $/p
Los Mantas- Dive Center (Daniel Mera) - San Cristobal daniel.galapagos@gmail.com- www.losmantasdivecenter.com


Un petit déjeuner royal est disposé sur la table de la salle à manger: fruits tropicaux, yaourt, jus de mûres, thé, sandwiches, œufs et tartines. Vous arrivez sur le malecon pour votre rendez-vous avec le club. Zut! Vous avez oublié votre appareil photo. Mario, taxi que vous avez rencontré à plusieurs reprises, passe par là. Il vous y emmène en un éclair et vous êtes déjà revenue. Départ à 9h30. Vous arrivez sur site à 11h. Une palanquée de cinq personnes + moniteur. Vous êtes en trio avec une jeune femme de votre niveau. Les autres, plus expérimentés, sont en sorte d’autonomie guidée en duo. Votre conjoint verra un banc de poissons magnifique, un mur! Et des requins marteaux au loin. Au départ vous apercevez quant à vous des étoiles de mer, des poissons tropicaux, des oursins et même une ombre de requin marteau. Mais pour vous la balade tourne à la catastrophe. : Vous plongez à une vingtaine de mètres et n’avez que dix plongées, niveau 1. Soudain, vous voyez votre binôme, la jeune femme, remonter à toute vitesse. Une tentative de votre conjoint pour vous faire comprendre qu’il va prévenir le moniteur après avoir tenté de la raisonner. Vous vous retrouvez à essayer de maintenir quelqu’un qui, de toute évidence, remonte brutalement avec le visage sans expression. L’un descend dans les profondeurs, et l’autre vous tire vers le haut tellement fort, que vous ne faites pas vos paliers. A la surface, la jeune femme a les yeux ouverts mais ne parle pas, elle remet son masque et tente de redescendre immédiatement en vidant son gilet, mais où? Les autres ont disparu. Elle est comme déboussolée. Vous la maintenez entre les rochers sur lesquels s’abattent les vagues, et la mer à perte de vue. Pas de bateau, pas de moniteur, et elle a peur. Vous êtes fatiguée, transie de froid, et vous essayez de faire en sorte de l’éloigner des rochers où les vagues vous ramènent. Quelques minutes plus tard le bateau arrive. On a beau vous expliquer que vous avez eu tort de remonter, qui serait restée avec elle? Vous voilà donc sur le bateau, à attendre le reste de la palanquée. Votre conjoint arrive dix minutes plus tard. Il ne comprend pas pourquoi le moniteur n’a rien fait. Profondément choquée par le manque de professionnalisme et le non respect de consignes de sécurité de base, vous décidez de reprendre un peu vos esprits avant de dire quoi que ce soit. Dix minutes après cette plongée de 45 minutes, le moniteur hèle la palanquée: c’est reparti! Quoi? Pas d’attente entre les deux descentes? Vous ne pouvez pas physiquement le faire. Alors ils repartent. Inutile de préciser que vous ne serez pas remboursée ni même consolée. La deuxième plongée est apparemment plus difficile à cause des courants et ils auront plus de chance. Vous restez sur le bateau, frustrée. Vous mangez au lance pierre des repas froids servis dans des boites en plastique sur vos genoux. Vingt minutes d’arrêt speed sur un bout de plage: des crabes rouges, des lions de mer, des pélicans, et quelques taons partagent l’espace avec les bateaux des clubs de toute l’île qui amarrent là. Et vous repartez à San Cristobal. Arrivée 15 heures, en colère. C’est donc cela une double plongée aux Galapagos? A vos côtés, les gens en snorkelling ont œuvré en toute sécurité pour observer autant de vie marine. Vous rentrez en essayant de positiver: une fois n’est pas coutume. Vous allez à la petite plage Mann pour retrouver des émotions positives avant de tenter la réservation d’un bateau pour le lendemain. Depuis San Cristobal, il est impossible de se rendre à Espanola (située au sud est) ou  à Isabela (île située à l’ouest de l’archipel) sans passer par Santa Cruz (l’île du centre). Vous optez donc pour cette possibilité unique. Un coucher de soleil aux couleurs chatoyantes, et vous rentrez.




17 mars- SAN CRISTOBAL-SANTA CRUZ(EL CHATO-BAHIA TORTUGAS)

Taxi: 1$ (casa Jessica-malecon)
San Cristobal-Santa Cruz (2heures) 25$/p (Berdonces sera vincente, réservé sur le malecon)
puetro ayora barrio el Elden- calle fregata elden S/N y escalecia
vincen@easynet.net.ec sta cruz-galapagos-ecuador 25$ en tout
Aller retour à El Chato: 25$ (45 minutes aller/ 1 heure sur place)






Les aurevoirs sont difficiles parfois. Vous quittez la famille Teran avec une boule au ventre pour deux heures de bateau en plein soleil sur une mer calme. Votre conjoint voit un dauphin. Accostage! Nouvelle île. Celle-ci est bien plus peuplée. Vous en profitez pour retirer de l’argent car vous n’aurez pas d’autre occasion les deux jours suivants à Isabela, pas de DAB, souvenez-vous!. Une glace dans un café. Vous recherchez une excursion à Floreana, ce à quoi l’on vous répondra: pas cette année! En effet, la politique mise en place aux Galapagos, afin de préserver l’environnement classé au patrimoine, régule les flux de tourisme. Ainsi, d’une année sur l’autre, les petites îles annexes comme Floreana ou encore Espanola, sont destinées tour à tour, aux touristes en autonomie ou aux croisières. Cette année, pour se rendre à Floreana, il faut automatiquement passer par un tour opérator et prendre une croisière sur plusieurs jours. Vous trouvez donc un hôtel non loin du port et réservez un bateau pour Isabela le lendemain matin.


Vous avez l’après midi devant vous. Un taxi (à payer au retour vous dit-on/ sinon il peut s’en aller seul et vous laisser sur place) vous emmène à la réserve naturelle d’El Chato où l’on peut contempler les tortues géantes des Galapagos en liberté . Vous arrivez dans un paysage nouveau: une forêt tropicale et au milieu un seul chemin. Pourquoi tous s’entendent à dire qu’il est nécessaire d’être accompagnés d’un guide, alors que nous croisons deux routards en chemin, et que le sentier est unique?... Soudain, instant magique! Comment ne pas avoir aperçu cet être d’un mètre de diamètre qui se déplace avec forte difficulté, dans une lenteur incroyable et un souffle sourd.  Vous avez l’impression d’avoir remonté la vie jusqu’à la préhistoire. Plus rien n’existe autour. Le temps est comme suspendu et vous gardez la bouche ouverte d’ébahissement, en observant un silence respectueux, pour ne surtout pas déranger cette apparition. Cachées comme de gros œufs de pâques dans la boue et dans les feuilles, survenant comme des rochers sur les sentiers, elles sont là, partout, les centenaires.





Une heure de vie commune sur le territoire des tortues géantes et vous rentrez. Mais direction la Playa de las Tortugas, au sable blanc sublime, et sauvage. Vous seuls et quelques surfeurs. Petit paradis atteint après quarante cinq minutes de marche sur un chemin bordé d’une forêt de cactus. Vous sautez dans les vagues. C’est beau. Il fait chaud. Vous êtes tellement bien ici. Vous avez avec vous l’œil de lynx qui repère le requin de récif jouant dans les vagues. Votre conjoint vous prend la main et vous voilà tous les deux chasseurs de requins. Vous les cherchez, évoluant ensemble, homme et poisson, dans la même eau, à quelques centimètres. Ils apparaissent, et disparaissent. Assez grisant, mais quand ils disparaissent, vous reculez un peu avant de vous décider à poursuivre votre quête. Soudain, il vous a pincé le pied! Vous demandez confirmation aux surfeurs du coin: c’est courant! Ils viennent faire de la reconnaissance, ils ne sont pas agressifs. Là, au coucher du soleil, dans le sable levé par le vent qui forme au loin une brume, vous apercevez des dizaines de gens qui avancent vers vous: des surfeurs venus en masse profiter des dernières vagues. Vous gardez cette belle image en tête, il vous reste encore quarante cinq minutes pour le retour à pieds et vous n’avez pas de quoi vous éclairer. Restaurant, hôtel, et pour ne pas rester sur une mauvaise impression, vous réservez une plongée à Gordon Rocks. Au retour d’Isabela, vous plongerez puis décollerez de Santa Cruz, avant de repartir à Quito pour rejoindre l’Amazonie.


18 mars- SANTA CRUZ - ISABELA (PUERTO VILLAMIL-CONCHA DI PERLAS-POZA DE LAS DIABLAS)

18 mars : 60$ transporte maritimo Santa Cruz Lancha Destiny
Lancha destiny/taxi : 1$
Taxe sur Isabela 5$ : Gobierno autonomo descentralizado Municipal de Isabela (taxe) por occupacion del muelle turistas extranjeros
Taxi port-centre ville: 2$
Posada del caminante: 30$/n 
www.posadadelcaminante.com





7h00. Départ avec le Lancha Destiny. Une mer d’huile, un soleil de plomb, et un touriste sur quinze qui vomit son petit déjeuner par dessus bord… Le mal de mer, ça ne pardonne pas. Vous arrivez à Isabela. Votre peau est bien rouge. La mer est bien verte. Vous paierez, comme à chaque trajet en bateau, le petit taxi qui vous emmène avec vos bagages du bateau resté au mouillage, au ponton (deux minutes à peine). Une façon de récolter en deux minutes l’équivalent de 15$ pour chaque bateau arrivant et sortant du port. Beau métier que celui-là! Il vous faudra vous acquitter ensuite de la taxe d’entrée fixée par la municipalité, sans quoi vous resterez derrière une barrière,  pour “l’occupation du port” oui oui…. Celle là on ne vous ne la comprenez pas trop. Il y a tellement de faune autour, dans un paysage si sauvage, que vous décidez de rester là, sur la petite plage qui longe le port, à marée basse. Les pélicans mollassons pêchent, imités à leur façon par les fous à pattes bleus, véritables torpilles. Des crabes rouges se partagent les rochers avec des iguanes de mer, tandis que s’ébattent dans l’eau vert turquoise lions de mer, raies et poissons tropicaux. Superbe! Un paradis à portée de main, sans autre équipement qu’un pantalon retroussé aux cuisses et des pieds nus s’enfonçant agréablement dans la douceur du sable mouillé. Vous avez raté les taxis chargeant pêle-mêle les groupes de touristes et leurs bagages. Tant mieux! Abrités de la violence du soleil à l’ombre d’un arbre, vous attendez donc le passage d’un taxi isolé. Le voici justement qui arrive! Un café dans les ruelles ensablées d’Isabela. Vous trouvez non loin de là, la petite posada del caminante. Une cour avec des hamacs et un régime de bananes suspendus sous une varangue, une grande chambre pourvue d’une cuisine et d’une douche avec wc. Vous mangerez dans un bouiboui à touristes, trop impatients d’aller découvrir les fonds marins, après avoir mis votre linge en machine, à disposition dans la posada.



Dans la mangrove de concha di perla, vous verrez un iguane immergé, accroché à de la pierre de lave. Quelques bulles remontent le long de son nez. Les lions de mer ont fui l’agitation des plus jeunes touristes qui sautent dans la mangrove en poussant des cris de lémuriens. Vous repartirez enveloppés dans votre serviette, brulés par le soleil malgré la crème indice 50 waterproof. Combien de temps avez vous passez dans l’eau? Aucune idée! Vous retrouvez la plage en quête d’un endroit à l’ombre. Bordée par les villas de luxe, la plage a peu de charme mais un arbre vous offre un peu de repos. Vous repartez à la casa et réservez une excursion pour le lendemain. Le reste de votre temps s’écoule dans les hamacs à regarder les geckos suspendus sous les poutres, et vous étendez votre linge à la mode d’Isabela, directement sur le champ de pierres de lave. Allez, vous vous motivez pour une petite marche (45 minutes) direction Poza de las Diablas. Traversée d’une petite forêt enchantée, balade autour de bassins d’une eau rose bonbon et vous atteignez la lagune. Là, quelques cinq flamands vous narguent dans une cuvette.


Vous rentrez par la plage, et passez le bruyant temple des touristes qui souhaitent s’éclater et faire la fête non stop, empli de surfeurs bronzés et de jeunes filles jouant au beach volley.  Plus loin, vous découvrez le bar de Beto. Petit coin de paradis où pousse un arbre à bouteilles, où vit un iguane noir, où l'on fabrique des chaises avec le bois du ressac, où l'on se repose dans des hamacs en buvant du cuba libre. Vous réservez une table pour le dîner du lendemain. Les produits sont frais et l'on ne mange chez Beto que sur réservation. Vous regagnez les hamacs de la posada del caminante. Les cuba libre ont donné un petit air de fête!



19 mars- ISABELA (SIERRA NEGRA- EL CHICO)

Excursion Sierra Negra et Chico: prévoir eau-crème solaire-bonnes chaussures
Bateau: 35$/p (commission de la CB comprise)
De puis Isabela : 2 bateaux CB 10$ de com 70* 19 mars
Nautilus Yacht Nauti Diving galapagos « best boat-best price » fly racoleur mais yeux fermés. www.nautiving.com info@nautidiving.com Shop : av. Baltra et av.charles Darwin- Puetro Ayora-Santa Cruz. 


Petit déjeuner et vous partez à la découverte des volcans! La Sierra Negra ( montagne Noire ») est un large volcan bouclier situé sur Isabela, culminant à 1 124 mètres d'altitude. Il s'agit d'un des volcans les plus actifs des îles Galápagos. Dans la partie nord est de caldeira, a eu lieu sa dernière éruption  du 22 au 30 octobre en 2005. Le volcan Chico est juste au nord-ouest de la caldeira, de sorte qu'il n'est affecté par aucune précipitation, l'une des raisons pour lesquelles il est parfaitement préservé.
Vous entamez une randonnée encadrée( promettant repas et eau fournie)  bien différente du Chimborazo. Vous ne serez pas sous la neige mais plein cagnard. Cinq heures de marche non stop (excepté vingt minutes de pause consacrée à engloutir le mini sandwich et la toute petite bouteille d’eau donnés par le guide). On ne prévoira aucun repas et aucune bouteille d'eau supplémentaire. La balade est éprouvante mais cependant superbe: Vous entamez la randonnée au milieu des goyaviers où survivent quelques papillons et des insectes rares. Au détour du chemin, apparait la sierra negra, caldera dont la dernière éruption de 2005 est visible comme étant la partie la plus noire dessinée dans le cratère. La coulée de lave a recouvert une grande partie de l'intérieur de la caldeira et par endroits a augmenté de plus de deux mètres le niveau du sol. Sur l’autre versant, l’immensité du champs de lave vous laisse perplexe. Une chaleur torride règne et aucun animal en vue. Cactus, pierres noires, brunes, ocre, sienne, failles, et autres caprices de la géothermie : bienvenue dans la sécheresse d' El Chico. Le chemin si charmant de l’aller parait interminable. Vous avez soif et très très chaud.





En ville, vous parvenez à réserver votre retour à Santa Cruz que vous paierez en carte bleue, faute de cash, après avoir cherché une personne susceptible de vous encaisser. Vous faites les courses pour le petit déjeuner, effectuez un petit tour dans l’église. Sur une fresque murale, le Christ se tient bras ouvert en lévitation au dessus de la mer, entouré de paille-en-queue. Un ciel jaune baigné de lumière
surplombe l'eau turquoise et colore les palmes. Pingouins, fous à pattes bleues, tortue et frégates se partagent les rochers. Vous réservez une excursion pour le lendemain à Las Tintoreas, et retournez au petit paradis de la plage: le bar de Beto. Cuba libre, jus de mora, jus de coco boire, et vous mangerez du pulpito al grill si fin en bouche que vous en auriez bien redemandé. Un festin au coucher du soleil ! Le propriétaire passe de la bonne musique dans un cadre intimiste, du bon rock’n’roll,  des vidéos touristiques amateur sur Isabela. L’occasion pour vous de voir en live l’éruption de 2005. Superbe soirée! Vous rentrez les pieds dans l’eau et regagnez votre posada après avoir traversé la ville.



20 mars- ISABELA (LAS TINTOREAS)-SANTA CRUZ

Excursion Las Tintoreas (2 heures): Lancha Mateo 40$/p (le type vous fait cadeau de 5$ car vous n’avez plus de cash, sympa!) Lancha mateo 20 80$ 8h20 depart :Tintorea
Couple avec enfants : NODIMAGES « un peu de folie est necessaire pour faire un pas de plus » www.onestlabas.wix.com/onestlabas

Espana Hotel- info@hotelespanagalapagos.com- facebook : Hotel Espana Galapagos- Tomas de Berlanga e islas plazas PDJ 4$/p
20 mars : Cafe bar Hernan Santa Cruz Idée de tarif pour un snack: croc Mr 2.75$/eau 1.50$/frites 2.50$


Vous effectuez la visite avec un guide (obligatoire). Un groupe et deux guides (un guide anglophone et un guide hispanophone) se partagent la petite embarcation. Autour du bateau, vous apercevez des pingouins, des fous et des pélicans venus vous saluer. Votre guide est… mais il est...oui c’est bien cela! Il est totalement saoul! Ou du moins il décuve lentement. Il commence ses phrases sans les aboutir et semble tomber dans un profond spleen une fois ses anecdotes terminées. Nous posons le pied à terre. Le guide passera la visite à marmonner, à marcher devant vous et à parler tout seul. Vous rencontrez à cette occasion un couple avec deux enfants, les premiers français croisés aux Galapagos. La situation cocasse fait rire tout le monde, notamment la curiosité des enfants devant le pélican mort que le guide vous montre (vous ne savez pas ce qui lui passe par la tête). Il explique toutefois la technique de pêche des pélicans et des otaries, très intéressant malgré le manque d'entrain.


Vous rejoignez ensuite le bateau pour un arrêt snorkelling. Superbe! Requins, tortues de mer, lions et poissons tropicaux. Vous rentrez avec le couple de français (blog). De retour à la posada, vous récupérez vos sacs, et hop ! Destination le port pour revoir toutes les merveilles de votre arrivée aux Galapagos avant le départ pour Santa Cruz. Déception! Marée haute! Des taons, du monde partout, et quelques lions de mer vautrés sur les chaises en plastique. La petite échoppe à coté vous offre pour quelques dollars le même repas que la famille: riz, mangue, avocat et crevette. Super! Il est 15h. Vous reprenez le bateau pour Santa Cruz. Chaleeeeuuuur! A terre, d’emblée, vous allez voir votre hôtel de départ, mais il est complet! Vous tentez le front le mer mais tombez sur des propriétaires peu aimables. Vous repartez et trouvez refuge à l’hôtel Espana. Un peu cher, mais vous réservez deux nuits car vous ne voulez pas déménager tous les jours. Vous bénéficierez la première nuit d' une chambre pour trois personnes au prix de la double, occupée. Balade en ville dans les échoppes et passage au club de plongée pour tester le matériel nécessaire le lendemain.



21 mars- SANTA CRUZ (GORDON ROCKS)

Club de plongée: Nauti Diving- http://www.nautidiving.com/index.php- 120$/p 2 plongées
Hotel: Espana hotel/ www.hotelespanagalapagos.com/ info@hotelespanagalapagos.com


Départ pour Gordon Rocks à 7h00 du matin. Le Nauti Diving est un club fiable. Vos combinaisons sont assez épaisses, le matos impeccable, les règles de sécurité seront respectées et les plongées très agréables encadrées par de vrais pros. Après 45 minutes de 4x4 vous parvenez à l'embarcadère. Vous naviguez sur un voilier superbe pour rejoindre le spot. Première plongée. Un snack, un repos d'une heure ensuite et vous attaquez la deuxième plongée. Le soleil est de la partie. L'eau est claire, passant du vert lagon au bleu turquoise. Bancs de raies, poissons tropicaux par centaines, coraux, des dizaines de requins marteaux, des constellations d'étoiles de mer, un requin à pointe blanche, et là sortant des profondeurs, un animal qui semble venu tout droit de la préhistoire: un poisson lune, ou mole. Vous n'avez encore jamais vu en plongée un tel foisonnement de faune. Magnifique!






Retour sur le voilier, des images plein la tête, vous aurez la possibilité de fumer votre petite cigarette au niveau du gouvernail. Repas servi à table à l'intérieur, ou à l'extérieur selon votre tolérance au ressac. Des frégates tournoient lentement autour du mas. Vous rentrez ensuite à Santa Cruz, réservez votre taxi du lendemain, mangez un morceau, préparez vos carapaces et sombrez dans un profond sommeil.








22 mars- SANTA CRUZ-QUITO

Vol LAN ECUADOR: 12h45-17h20 160$/p

Vous prenez le petit déjeuner à l'hôtel puis partez à 9h30. Il vous faudra 45 minutes pour regagner l'embarcadère. Une petite traversée en bateau d'une vingtaine de minutes précédée d'une attente, et une nouvelle attente avant un trajet un bus qui vous conduit à l'aéroport. Il est donc bien nécessaire de penser large en timing pour effectuer le trajet centre ville-aéroport (au total presque 2 heures 30). L'enregistrement est ensuite très lent. Votre vol est à 12h45. Vous arriverez à 17h20 à Quito et rejoindrez la maison d'Antoine et Lætitia en taxi. Vous n'avez pas réussi à les joindre et par un heureux hasard vous les croisez alors qu'ils s'apprêtent à rejoindre des amis. Le temps d'une douche et vous voilà  repartis. Vous passerez une soirée très sympa entourés de volcanos et de sismos pas toujours d'accord, d'agents de voyages et d'expatriés. Le tout en jouant aux cartes, en mangeant et en buvant avec excès. Vous rentrez à 4 heures du matin accompagnée de Lætitia. Arthur finira à poils dans la rue. Votre conjoint évitera de justesse le cactus dans les fesses et rentrera plein d'Aguardiente en compagnie d'Antoine.


23 mars- QUITO (départ pour l'Amazonie)

Hansel et gretel boulangerie Isabel la catolica 1457 y salazar croissants 

Réveil à midi. Un petit déjeuner royal avec vos hôtes. Fruits, thé, excellents croissants de chez Hansel et Gretel. Vous regardez collectivement vos vidéos de plongée et partez faire un tour en ville. Vous réservez, à l'aide de vos guides, un lodge dans la partie équatorienne de l'Amazonie: Cuyabeno: le Samona Lodge. Un café place Foch, un excellent chocolat et un sandwich plus tard, vous retrouvez Antoine parti en rendez vous client. Un petit tour avec Lætitia au petit marché aux souvenirs et de l'artisanat: tissus, bijoux, hamacs, babioles en tous genres. Tout est négociable à condition de ne pas
abuser dans l'art de la négociation. Votre journée passe très vite. Un repas du soir chez vos hôtes et il faut déjà repartir. Vous trouvez un taxi juste en bas de chez eux, celui du Suiss hôtel. Il vous dépose malheureusement au mauvais terminal. Vous engagez alors une course folle, carapaces à dos bien accrochés, il vous reste dix minutes pour saisir le bus qui doit vous conduire en Amazonie. Mais où est ce terminal ?!!!!! Paniqués, vous êtes comme des mouches à tourner en rond. Un type s'en aperçoit, il est taxi, le terminal est juste à côté, il bourre comme un fou et vous sauve la mise. Vous arrivez à temps. Vous chargez bagages et c'est parti pour l'Amazonie! Est-il 21h20 ou le réveil ne marche-t-il plus?

VOUS DÉTESTEZ LES CHAUFFEURS DE BUS ÉQUATORIENS.


24 mars- QUITO-LAGO AGRIO-SAMONA LODGE (CUYABENO)

Samona Lodge 220$/p - 4 jours/3 nuits - paraisomagico@punto.net.ec
Bus A/R 16$/p
Activités  6$/p (chamane et communauté)
Emporter avec soi: bottes et vêtements de pluie (fournis sur place)/ bouteille d’eau/ répulsif/ lampe

9 heures de bus. Trois films en UBD*. Vous avez dormi un peu, la tête encastrée dans une fenêtre. Pourquoi n'êtes vous toujours pas arrivés? Réponse: le chauffeur a tout simplement oublié de vous descendre à bon port. Vous vous retrouvez largués sur la route, sous une pluie tropicale. Sacs vissés sur le dos, vous traversez la chaussée à toutes jambes. Catastrophe. Il est 7 heures du matin et vous avez rendez-vous à 9 heures à Lago Agrio, situé 2 heures en amont. Timing serré. Vous hélez un taxi. Sur lui, repose désormais votre trip en Amazonie. Malheureusement au bout de quelques minutes, vous devez vous rendre à l’évidence: il n’a pas la moindre idée d’où il va et ne semble pas accoutumé à rouler VITE sous des trombes d’eau. Les arrêts pour demander votre route se multiplient. Vous arrivez finalement à plus de 8h30 au meeting point: l’Hostal de Mario’s. Pour des raisons évidentes, nous refusons de porter l’autocollant du Lodge sur nos tee-shirts. Un guide du Samona vous aborde en plein petit déjeuner. C’est réglé, vous partez bien en Amazonie! OUF! Deux heures après vous êtes cependant toujours à Lago Agrio, mais à l’aéroport, en attente des passagers qui arrivent par avion. Deux heures de bus supplémentaires. Trois petites embarcations vous récupèrent à Cuyabeno. Deux pour les passagers, et une destinée au transport des bagages et des vivres qui vous suivront avec quelques heures de décalage. Vous oubliez tout! Vous voilà projetés la tête dans les feuilles par le conducteur de la barque; bouches bées devant la luxuriance de la flore amazonienne. Coup de chance, en pleine saison des pluies, le soleil a choisi de vous accompagner.
(*) Ultra Basse Definition





Tamara vous montre les papillons, oiseaux, singes, et iguanes dissimulés dans la végétation. Arrivés au Lodge à 15h30, vous profiterez d’un repas mérité. Les huttes portent des noms d’animaux. Une tarentule s’est établie au plafond de la hutte Caïman, la vôtre. L'aventure commence! Vous partez à la découverte de la faune et de la flore. Singes roux, oiseaux, papillons bleus, dauphins d’eau douce, perroquets, et baignade pour les plus courageux. Vous prenez le chemin du retour après avoir profité d’un coucher de soleil superbe sur la lagune. Les animaux s'y camouflent à la perfection.



Vous glissez sur l’eau dans un décor dessiné à la lampe de poche par Ron, votre guide. Des yeux brillent dans la nuit : oiseaux nocturnes, caïmans. Le bout de la barque touche la terre ferme. Vous partez explorer la forêt amazonienne. Obscurité totale. Chacun a emporté sa lampe de poche (sauf vous évidemment, merde!). A l’aveuglette vous progressez dans la végétation dense. De temps en temps, vous volez quelque lumière échappée de la lampe d’un autre. Araignées, sauterelles, fourmis, cocons, scarabée doré. Ron demande alors au groupe entier d'éteindre les lampes. Nuit noire. Juste les sons de la forêt. La pluie sur les feuilles, les cris des animaux. C’est beau.


Retour au Lodge avec une furieuse envie de... ne parler à personne. Vous êtes peu habitués à la restriction de votre espace de liberté, et passer une journée entière avec tout ce monde sur une toute petite barque vous a gonflé ! Repas sympa. Vous profitez du chant de la forêt pour vous endormir.

En pleine nuit vous vous réveillez. Envie irrépressible d'uriner. Vous écartez la moustiquaire, et munie de votre lampe de poche vous décidez de vérifier que la tarentule n’a pas bougé. Oui mais que va-t-il se passer ? Si vous l'éclairez, va-t-elle perdre l'adhésion de ses pattes et vous tomber sur le front ? Mais vous n'allez quand même pas uriner dans votre lit... Va-t-elle vous sauter dessus? Et puis il y a peut être aussi des bêtes au sol.  Alors vous devez également éclairer le sol.  Oui c’est ça, abord vous éclairerez le sol, et ensuite la tarentule. Mission accomplie. Vous bondissez hors du lit. Effectuez votre affaire à la vitesse de l’éclair, car, rappelons-le, il n'y a pas non plus de lumière dans les wc. Vous réveillez votre conjoint qui ne comprend pas grand chose en vous emmêlant les pieds dans la moustiquaire. C’est bon vous n'avez pas de bête sur vous. C’est bon la tarentule est encore là haut. Non non vous n’avez pas eu peur. Demain vous demanderez des bougies.


Mardi 25 mars- SAMONA LODGE

Réveillés à 6 heures au son du générateur. Pas terrible ça. Ce matin vous la trouvez presque sympathique cette bestiole. Finalement elle bouge peu. Et puis vous apprenez qu’elles n’ont pas de venin mortel, elles occasionnent JUSTE une sacrée douleur. Chouette c'est rassurant. Et sinon l'échelle de douleur sur 1 à 10 vous mettriez combien?...  Vous vous baladez dans le Lodge. Une cigarette et un café. Il faudra attendre 8heures pour le petit déjeuner. Un festin préparé par Marta ; de fruits frais, de jus naturel, d’oeufs, de pain et de beurre. L’essentiel de la journée se fera en bateau sous la pluie. Préjudice grave: un type vous vole VOTRE poncho. Celui que l’on vous avait donné. Votre conjoint vous rassure en vous disant qu’ils font tous la même taille et que de toutes façons ils prennent tous la pluie. Vous avez quand même envie de le récupérer, parce que l'autre a un gros trou dans l'épaule. Vous verrez des dauphins roses et gris puis des oiseaux aux drôles de noms locaux. Le snake bird, pour la forme de son cou/ un curieux oiseau appelé  le cooking bird car il produit le bruit de l’eau qui bout/ l’oiseau goutte d’eau dont les nids en reproduisent la forme, et l'espèce le son/ un genre de rat planqué dans un tronc / et des papillons bleus aussi grands que les papillons-tartine d’Alice au pays des merveilles. Passage au Lodge le midi et petite sieste. 16h30 vous repartez vers la lagune: vautours, chauve-souris, dauphins, oiseaux, singes sont au rendez-vous, en experts du camouflage.  Les indiens d’Amazonie pratiquent le tatouage Jagua, nom inspiré du fruit de l’arbre Genipa. Le fruit est ouvert et brassé puis, à l’aide du doigt, Ron vous peint des symboles sur les bras. Les pigments transparents restent en surface de la peau, et magie, le lendemain, ils prennent une couleur noire bleutée.  Huit à quinze jours après, le motif disparaît. Tambourin s’amuse toujours à nous enfoncer la tête dans les branches des arbres. Au retour, nous nous abritons de la pluie en attendant le temps du repas, bercés dans les hamacs, une bière à la main.


L’orage a éclaté en Amazonie. Il a imbibé le sol éponge, le ciré bleu, les bottes jaunes, le bois du ponton, les toits des habitations et les feuilles de latanier étendues sur l’herbe. Il a nourri le bras du fleuve offrant un caïman à l’eau trouble du jardin. Les gouttes ont frappé la terre et les feuilles mortes, inlassablement, envoutant les loges de l’odeur âpre de l’humus. Ici et là, les palmes et les troncs des grands arbres tombés sous la pluie baignent dans la rivière. La faune qui s’était abritée regagne peu à peu ses quartiers, profitant de l’atmosphère calme et empesée qui règne après le danger. Sous le couvercle gris du ciel, percent déjà les premiers rayons de lumière qui rendront demain à la foret ses milles tons de vert et de rouge.




 

 


Vous n’avez toujours pas d’eau chaude mais parvenez à rapter deux serviettes à l’accueil. Le tatouage commence à prendre couleur. La tarentule n’a pas bougé. Demain vous rejoindrez la communauté Tarapui Siona. La pêche aux piranhas, prévue dans les brochures, est désormais interdite. Vous irez donc rencontrer un chamane au lieu de voir des pirhanas.



Mercredi 26 mars- SAMONA LODGE

Qu’est ce donc cela ? Un petit oubli du guide peut être ? Rooooon? Aurait-il fallu protéger le tatouage durant la nuit ? La marque de votre bras est gravée pour quinze jours sur le torse de votre conjoint et les motifs ont quelque peu dégouliné. Contents tout de même de ne pas avoir dormi avec le bras sur le visage. Vous retrouvez le groupe pour le petit déjeuner. Surprise ! Certains ont bel et bien dormi dans la position proscrite. Les voilà facialement gravés pour une durée déterminée.

Ponton. Réunion. Oui vous avez tous vos capes de pluie. Oui vous en avez en a assez de faire du bateau. Mais bon, vous ne pouvez pas vous échapper dans la forêt pour aller marcher. Les arbres s’habillent de lianes, d’épiphytes, de lierre, de mousses et d’épines. Vautours, dauphins, oiseaux et premiers anacondas vus ce jour-là. Marita vous accueille dans sa communauté. Vous préparez collectivement le casabe, appelé pain de yucca, sous l’œil de sa petite fille. Vous râpez les racines de manioc, après les avoir prélevées dans l’arbre du jardin. La pâte obtenue sera étalée comme une crêpe et cuite au feu de bois. Petit encas.


Certains se baignent. Une procession de ponchos bleu-nuit traverse la forêt en silence. Bananiers partout. Pluie partout. Soudain, sous vos yeux, monstrueux de majesté, un arbre de 200 ans aux racines immenses. Superbe. Vous le touchez. Retour à la communauté et « lunch box », répulsif en masse aussi. Vous reprenez la barque en direction de la communauté du chamane. Il est beau cet homme avec ses plumes, ses parures et ses peintures.


Personne ne tuera la banane à la sarbacane. Drôle d’idée. Le groupe est ensuite rassemblé dans la hutte de notre hôte, nous allons être initiés au rite chamanique de base. A tour de rôle, vous vous agenouillez face au chamane, avec le groupe en cercle autour, vous êtes alors lavés de vos mauvaises ondes, fouettés par des feuilles d’arbre. Si le rite force le respect, on essaie quand même de ne pas trop se regarder pendant le rituel de purification. Le fou rire est difficilement répressible. Le discours qui suit à propos des drogues est passionnant. L’accent est mis sur l’ayahuasca, sur les dérives du tourisme, mais aussi les traditions qui s’articulent autour de ce breuvage psychotrope d’Amazonie. Pour la seconde fois dans votre séjour, la première alerte vous ayant été donnée à Quito, vous entendez parler d’une drogue étrange, tactile, et qui provoquerait une soumission extrême. Les mal intentionnés l’utilisent auprès des touristes afin de leur dérober tous leurs bien avec consentement. Ils présentent un bout de papier en demandant une indication de route, la personne touche le papier pour voir l’adresse et se retrouve sous emprise.  Retour au Lodge. Ah ! La tarentule a migré au dessus du lit. Hamacs. Bières. Bouclage du sac. Vous ne participerez pas à l’excursion optionnelle qui consiste à se lever à 5h du matin pour aller explorer la lagune en bateau.




Jeudi 27 mars- SAMONA LODGE - QUITO

Réveil.  Super petit déjeuner. Vous abandonnez les bottes, les vêtements de pluie, la cuisinière, la tarentule, et le Samona Lodge. Au revoir Amazonie. Retour à Cuyabeno en barque. Retour à Lago Agrio en bus. Passage à l'aéroport pour déposer certains veinards, et terminal des bus pour les autres, dont vous faites partie (votre tentative d’achat de billet d’avion ayant échouée). C’est parti pour 8h de bus. Votre bus est dépourvu de WC. Le trajet se passe relativement vite, ponctué par les arrêts pipi. Et là (oh surprise !) une nouvelle fois, le chauffeur ne vous descend pas au bon endroit. Vous voilà presque arrivés au terminal Sud de Quito, et vous devez retrouver Laetitia et Antoine dans la Mariscal. Et hop, un taxi! (40 minutes de trajet en plus et 10 dollars en moins). Vous retrouvez la pauvre Laetitia à minuit, inquiète de ne pas vous avoir vu arriver plus tôt. Vous vous échouez comme deux lions de mer dans le canapé lit.


Vendredi 28 mars - QUITO

Marco alvarez 0984579579 taxi aeroport neo_eiemvinicius@hotmail.com
Fab consulting- fabrice widmer fabrice@fabconsulting.net (collègue de Laetitia et Antoine)
Prix de la cartouche de cigarettes à l’aéroport : 22$/ 57$ les 3.

C'est l'anniversaire de Laetitia. Vous faites vos sacs. Douche chaude, quel bonheur! Vous mettrez heure pour retrouver la place Foch, que les locaux vous indiquent à tour de rôle aux quatre points cardinaux. Ce matin un seul DAB sur cinq voudra bien vous délivrer des dollars. Café. Petit passage au marché aux souvenirs où vous pouvez négocier les prix lorsque ceux-ci ne sont pas inscrits. Vous y passez pour le coup d'oeil car vous retrouvez ensuite Antoine dans le jardin. Il suspend au soleil les toiles des tentes et nettoie le matériel des trekkers qu’il a reçu en trip. Vous vous réfugiez à l’agence de voyage pour y rejoindre Laetitia, menacés par d’énormes nuages noirs. Un restaurant avec vos compagnons de route, et c'est déjà le trajet jusqu’à l’aéroport avec Marco, taxi et ami du couple. Ce type est génial. Vous vous retrouvez bloqués dans le trafic du diable, selon ses propres termes. Au moment de votre séjour, le pont qui relie le centre à l’aéroport est en construction. Un seul pont fonctionne alors de manière alternative, une demi heure dans le sens aller, et l’autre dans le sens retour. Vous pouvez alors mettre 2 heures et demi pour faire Quito centre / Aéroport au lieu de 1h30.  Il effectue un arrêt d’urgence dans une station avec WC, un truc ingéré n’est pas passé et il s’en faut de peu pour que la catastrophe n'arrive dans le taxi. Marco s’éjecte de son siège et fonce en mode torpille acheter du papier WC au distributeur, avec sa propre monnaie de pourboires ! Vous en rigolez après, même si sur le moment vous croyez mourir, le ventre dévoré par l’animal turista.  Il fallait bien qu’il vous arrive un truc sur le retour. Vol Quito/Madrid. Vous parvenez à sortir fumer au T4, vous vous débrouillez mieux qu’à l’aller. Evidemment pas de starter de sommeil cette fois! 2 heures d’avion et arrivée à Paris. Navette Orlyval. Vous ne pourrez pas rejoindre vos amis parisiens, faute de moyen de communication. Vous retournez à l’hôtel de Blois où l’accueil se fait excellent. La propriétaire s'enquiert même de votre séjour, elle veut savoir ce que vous avez vu, d’où vous venez exactement, si vous avez apprécié le séjour. Elle vous dit « n’oubliez pas, demain on change d’heure » Adorable. Elle vous sauve l'accès au train du lendemain. Vous vous  couchez après un restaurant et le choc des prix parisiens. Bon à savoir, il n’y a pas de possibilité d’achat de tickets à la station de métro Denfert-Rochereau. Il faut se rendre à pieds à la gare située non loin de là. Une heure d’attente à la gare de Lyon. Sollicités cinq fois pour une cigarette, donné une fois. Pris le train et regardé les vidéos. Tramway. Maison. A votre retour, Laurent est là et vous a préparé une ratatouille. Super les potes ! C’est fini le trip Equateur-Galapagos-Amazonie !

Il est deux heures du matin, et vous n’arrivez toujours pas trouver le sommeil. Partout ailleurs le temps s’est arrêté. Sur votre réveil il est 8h20, sur la pendule du salon 7h25, le petit réveil de voyage indique 1h01, l’heure à laquelle vous avez retiré la pile. Votre conjoint n'est plus là. Vous lisez Sepulveda et votre coeur est quelque part, là bas, ailleurs. Coincé entre Paris et l’Équateur.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire